Huma Bhabha / Alberto Giacometti
Exposition

Huma Bhabha / Alberto Giacometti

À l'Institut Giacometti, découvrez le face‑à‑face inédit entre Huma Bhabha et Alberto Giacometti : sculptures et plâtres majeurs, du 6 février au 24 mai 2026.

Institut Giacometti

5 Rue Victor Schoelcher, 75014 Paris

06 févr. 2026 — 24 mai 2026

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h (dernière entrée à 17h20). Fermé le lundi. L'Institut est fermé au public le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier.

L'exposition

« Huma Bhabha / Alberto Giacometti » à l’Institut Giacometti : un face‑à‑face inédit qui met en dialogue les assemblages contemporains de Huma Bhabha et les figures emblématiques de Giacometti. Sculptures, têtes et fragments y jouent la partition d’un même registre, vulnérabilité et résistance, et invitent à redécouvrir la force expressive de la figure humaine.

L'exposition «Huma Bhabha / Alberto Giacometti» se tient à l'Institut Giacometti du 6 février au 24 mai 2026. Conçue spécialement pour ce lieu, elle confronte l'œuvre de la sculptrice pakistano-américaine Huma Bhabha à celle d'Alberto Giacometti autour de la figure humaine, à travers assemblages, plâtres, bronzes peints et terres cuites.

Deux figures debout inédites dialoguent avec l'Homme qui marche, la Jambe ou les Femmes de Venise, dans un parcours orchestré par la commissaire Émilie Bouvard et le scénographe Éric Morin.

Pourquoi y aller

À l'Institut Giacometti, du 6 février au 24 mai 2026, l’exposition «Huma Bhabha / Alberto Giacometti» installe un face‑à‑face inédit entre deux visions puissantes de la figure humaine. Le parcours, conçu pour le lieu, conjugue émotion, étrangeté et une remarquable densité plastique.

Un face‑à‑face historique et visuel. La confrontation directe entre sculptures récentes de Huma Bhabha et pièces majeures d’Alberto Giacometti (dont L'Homme qui marche, La Jambe et les Femmes de Venise) crée un dialogue rare, à la fois temporel et formel, qui fait ressortir les affinités et les tensions entre deux générations de sculpteurs.
Des œuvres nouvelles qui frappent. Parmi les moments forts, Don't Cast a Shadow (2025), conçue pour l’exposition, se dresse au centre du parcours; les figures debout, têtes et fragments de Bhabha, peintes et marquées, apportent une présence contemporaine et dramatique qui répond puissamment aux plâtres et bronzes de Giacometti.
Un parcours scénographié et intime. La scénographie, pensée par la commissaire Émilie Bouvard et le scénographe Éric Morin, joue la carte de la proximité et de la mise en regard: reconstitution d’ateliers, alternance d’espaces exigus et de salles ouvertes, tout concourt à transformer la visite en confrontation sculpturale et sensible.
Des enjeux esthétiques et narratifs contemporains. L’exposition met en lumière les thèmes qui traversent les deux pratiques, force et fragilité du corps, humour noir, emprunts au cinéma, et propose des accrochages (dessins, photographies, planches‑contacts) qui élargissent la lecture des sculptures et leur résonance aujourd’hui.

La confrontation des ateliers

Deux espaces de création, deux rapports au corps Le parcours s'ouvre sur un face-à-face entre deux mondes. Alberto Giacometti n'a jamais quitté son atelier du 46, rue Hippolyte-Maindron, concentrant sa créativité dans à peine 24 m².

Huma Bhabha, installée à Poughkeepsie depuis 2002 avec le peintre Jason Fox, dispose ses sculptures dans un atelier plus vaste et lumineux pour les observer de loin, sous tous les angles. Ce contraste ouvre «Huma Bhabha / Alberto Giacometti» à l'Institut Giacometti sur une question commune aux deux artistes: comment maîtriser la distance entre la sculpture et le spectateur.

Huma Bhabha, So Am I, 2025, liège, polystyrène, argile, fil de fer, os, acrylique, bâton à l'huile, craie et bois Dans le patio, l'Homme qui marche de Giacometti poursuit son avancée. Les pieds d'Untitled de Bhabha restent plantés au sol malgré un corps comme soufflé, comme dans les films de zombies qu'elle affectionne.

À travers la fenêtre, Magic Carpet montre des jambes bottées de caoutchouc posées sur un tapis à fond rouge sombre, référence amusée à la silhouette de Giacometti. L'humanité de leur œuvre commune transparaît ici: une attention à la violence du monde comme à sa tendresse, sans perdre l'ironie noire qui traverse leurs formes.

Les assemblages de Bhabha, bois, plâtre, argile, fil métallique et acrylique, répondent aux plâtres peints de Giacometti. La disparité des composants et la brutalité des manipulations restent visibles: Bhabha ne cherche pas à séduire.

Le visiteur pénètre au cœur d'un échange où la fragilité des matériaux devient résistance des corps.

L'avis éditorial

Nous sortons de cette confrontation bouleversés et nourris : la proximité des formes et la matière - rugueuse, peinte, fissurée - transforment la visite en expérience physique, presque intime. La rencontre entre les présences de Bhabha et les figures de Giacometti crée un étrange compagnonnage où la fragilité devient force et la distorsion, vérité.

Allez-y pour ce choc sensible et généreux : on y éprouve, au fil des salles repliées et des respirations ouvertes, une urgence artistique rare qui donne envie de regarder le corps, et la sculpture, autrement.

Le cinéma, les têtes et les grands blessés

Quand la sculpture emprunte au septième art Le cabinet d'art graphique expose pour la première fois les planches-contacts du réalisateur et photographe suisse Ernst Scheidegger, où les sculptures de Giacometti apparaissent en extérieur. Les suites d'images évoquent des storyboards.

Bhabha, passionnée de science-fiction et de film noir, y répond par ses pieds marchants photographiés autour de Karachi au début des années 2000, saynètes incongrues posées dans le paysage urbain. Deux films prolongent le dialogue dans le salon Follot: They Live (1988) de John Carpenter et La Belle et la Bête (1946) de Jean Cocteau.

Dans la grande salle, Don't Cast a Shadow (2025), achevée pour l'exposition, se dresse tel un grand blessé. Son corps, comme troué d'impacts, tient encore debout.

Sa tête ronde est attendrissante, comme la simplicité presque naïve des marques qui strient le torse, faisant ressortir les côtes et le nombril. Ce marquage s'inspire des pratiques de scarification dans la statuaire africaine et du réalisme des Bouddhas affamés aux côtes saillantes de la tradition asiatique.

Alberto Giacometti (1901, 1966), Homme qui marche II, 1960, plâtre Focus sur l'œuvre L'Homme qui marche II fait partie des trois plâtres grandeur nature réalisés par Giacometti en 1960, dans le cadre d'un projet de commande pour le parvis de la Chase Manhattan Bank à New York, conçu par l'architecte Gordon Bunshaft.

Ce projet n'a jamais abouti, mais les figures créées à cette occasion, une grande femme, un homme qui marche et une grande tête, sont devenues des icônes de la sculpture du XXe siècle. La silhouette étirée et filiforme, aux pieds massifs semblant s'arracher du socle, condense puissance et vulnérabilité humaines.

Giacometti avait d'abord travaillé le motif de la marche dès 1947 avec un premier Homme qui marche de grande dimension inspiré du modèle égyptien, avant de le reprendre en 1960 dans ces trois versions définitives. Dans l'exposition, cette figure est placée dans le patio de l'Institut, poursuivant sa marche solitaire face aux sculptures de Bhabha dont les pieds restent au contraire plantés au sol.

Questions fréquentes

Quand et où a lieu l’exposition ?

« Huma Bhabha / Alberto Giacometti » se tient du 6 février au 24 mai 2026 à l’Institut Giacometti, 5 rue Victor Schœlcher, 75014 Paris. C’est une proposition conçue pour ce lieu intime, qui invite à regarder côte à côte deux visions puissantes de la figure humaine.

Quelles œuvres et moments forts faut‑il repérer dans le parcours ?

Le face‑à‑face réunit des pièces majeures d’Alberto Giacometti, parmi lesquelles L’Homme qui marche (1960), La Jambe (1958) et les Femmes de Venise (1956), et des sculptures récentes d’Huma Bhabha: figures debout, têtes, fragments corporels et dessins. Au centre du parcours se dresse la sculpture récente Don't Cast a Shadow (2025) conçue pour l’exposition. Le parcours met aussi en regard l’argile et les terres cuites de Bhabha (façonnées notamment en plein air à Oaxaca) et les plâtres et bronzes peints de Giacometti; la commissaire est Émilie Bouvard, la scénographie d’Éric Morin.

Quels sont les horaires d’ouverture et les jours de fermeture ?

L’Institut Giacometti est ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h (dernière entrée à 17h20). Il est fermé le lundi. L’Institut est également fermé au public le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier.

Tarifs, et informations pratiques pour y aller ?

Tarif plein: 9 €. Tarif réduit: 3 € (18, 26 ans, demandeurs d’emploi, enseignants munis du Pass Éducation, artistes affiliés Maison des artistes/Agessa). Gratuité pour les moins de 18 ans, les personnes en situation de handicap et leurs accompagnateurs, les bénéficiaires de minima sociaux, et les titulaires de la carte Presse ou ICOM. Les billets sont disponibles en ligne via la page de l’Institut ou à la vente sur place selon disponibilité; ils doivent être imprimés ou présentés sur appareil électronique et ne sont pas échangeables. L’entrée est gratuite le premier jour de chaque exposition (sans réservation). Accès: métro lignes 4 et 6 (Raspail ou Denfert‑Rochereau), RER B (Denfert‑Rochereau), bus 38, 68, 88, 91. L’Institut applique un contrôle des sacs dans le cadre du plan Vigipirate renforcé; des consignes à bagages sont proposées à proximité.

Les figures féminines et les vestiges

Noblesse farouche et fragments quasi archéologiques La salle médiane rassemble les figures féminines des deux artistes. Chez Giacometti, la couleur fait ressortir la structure décharnée du corps et lui confère une dimension rituelle.

De près, la peinture souligne les os, les articulations, la maigreur des Femmes de Venise (1956) ou de la Grande Femme (1958). Chez Bhabha, la peinture renforce l'ambivalence sexuelle de ses sculptures.

Féroce, figure féminine créée pour l'exposition, se tient à leurs côtés avec son corps anguleux et son visage comme rongé. Toutes dégagent une noblesse farouche, telles de modernes ménades portées par le souffle de Dionysos.

Alberto Giacometti (1901, 1966), Femme de Venise I, 1956, plâtre peint La dernière salle et le corridor présentent les terres cuites réalisées par Bhabha début 2022, lors d'une résidence à Oaxaca au Mexique. Cuites dans un four traditionnel en plein air, ces neuf pièces sans titre montrent des fragments de corps aux effets chromatiques subtils, nés des variations de température.

Waddah, titre reprenant le nom d'un prisonnier mort à Guantanamo, renforce cette dimension archéologique.

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