Une journée au XVIIIe siècle
Exposition

Une journée au XVIIIe siècle

Reconstitution soignée d’un hôtel particulier des années 1780 au Musée des Arts décoratifs: plus de 550 objets et une scénographie sensorielle. Jusqu’au 5 juillet 2026.

Musée des Arts décoratifs

107 Rue de Rivoli, 75001 Paris

18 févr. 2026 — 05 juil. 2026

Du mardi au dimanche : 11h, 18h. Nocturne le jeudi jusqu'à 21h. Fermé le lundi. Lors des nocturnes, certains espaces du musée sont fermés. Annulation gratuite, remboursement intégral jusqu'à 24h avant la visite.

L'exposition

Une reconstitution d’ensemble qui tient du cabinet de curiosités vivant et de la fiction domestique.

Installée du 18 février au 5 juillet 2026, l’exposition rassemble plus de 550 objets extraits des collections du musée pour reconstituer une demeure aristocratique parisienne des années 1780. Boiseries, mobilier, céramiques, orfèvrerie, vêtements, bijoux et jouets sont agencés comme des scènes habitées, où chaque détail joue son rôle.

La scénographie adopte un rythme narratif: bruit de rue, porche, cour puis enchaînement des pièces selon la distribution classique d’un hôtel particulier. Dispositifs sonores et éléments olfactifs viennent épaissir la perception, rendant tangibles gestes et habitudes souvent réduits à des descriptions dans les livres.

L’ensemble n’est ni catalogue ni reconstitution muséographique froide: c’est plutôt une promenade organisée, précise et généreuse, qui invite à mesurer la finesse des ateliers parisiens et la texture quotidienne d’un milieu social avant 1789. Ce parti pris fait sentir pourquoi la visite mérite d’être inscrite dès maintenant dans son agenda culturel.

Pourquoi y aller

Quatre bonnes raisons de prévoir cette visite dans son calendrier culturel.

Une circulation pensée comme une journée. On suit un récit chronologique et spatial qui part de la rue pour entrer dans l’intimité: ce fil rend la visite plus vivante qu’une simple accumulation d’objets, et aide à restituer temporalités et rituels du XVIIIe siècle.
La richesse matérielle, palpable. Plus de 550 pièces - boiseries, meubles, textiles, porcelaine et bijoux - offrent une leçon de matérialité: toucher du regard les matières et les techniques est ici le principal plaisir.
Des pièces‑phares révélatrices. Une robe en soie rayée ou le projet de lit de Dugourc signent la virtuosité des ateliers parisiens; ces objets fonctionnent comme des points d’appui pour comprendre l’esthétique et la fabrication d’époque.
Une scénographie sensorielle qui fait sens. Les choix sonores et olfactifs ne sont pas gadgets: ils restituent l’ambiance domestique et facilitent la compréhension des usages, rendant la visite plus mémorable et plus accessible.

De la rue au jardin - l’approche de l'hôtel particulier

L’entrée du parcours joue d’un contraste radical entre tumulte urbain et intimité domestique.

Du tumulte urbain à l'intimité d'une demeure aristocratique Le parcours débute dans une rue parisienne bruyante. Pavés encombrés de véhicules, murs saturés d'affiches et cris des marchands ambulants reconstituent le tumulte urbain du XVIIIe siècle.

Un porche majestueux s'ouvre bientôt, affirmant la puissance des propriétaires tout en tenant à distance la promiscuité de la ville. Anonyme, Chaise à porteurs, Paris, vers 1740, 1750, bois, cuivre, verre, toile peinte La cour dévoile une chaise à porteurs datée des années 1740, 1750 et une table amovible de carrosse, prêtes à être mises en branle.

Au-delà, le jardin déploie ses parterres de fleurs en porcelaine, ses treillages délicats et ses plantations en pots. Une jardinière coiffée d'un grand chapeau de paille se tient au centre, silhouette familière parmi les végétaux.

Ces espaces traduisent la distribution classique de l'hôtel particulier, entre cour et jardin. Résidence urbaine d'une famille influente, il incarne au XVIIIe siècle un équilibre entre tradition architecturale et quête de nouveauté.

L'exposition éclaire cette tension à travers des visages multiples, de la norme à l'exception. Un porche majestueux s'ouvre, affirmant la puissance des propriétaires tout en tenant à distance la promiscuité de la ville.

Le passage vers l'intérieur s'effectue sans rupture. Une robe à l'anglaise en pékin de soie à rayures roses, brochée de fleurs, et un carlin en porcelaine dure de la manufacture de Berlin annoncent la richesse des collections réunies.

«Une journée au XVIIIe siècle» aux Arts décoratifs prend corps dès le seuil, dans le contraste entre faste privé et agitation publique.

L'avis éditorial

La rédaction recommande cette visite pour son talent à raconter le quotidien par la matière.

La mise en scène, sobre et précise, transforme la masse des objets en une expérience chronologique et sensible: on sort avec des images nettes, des détails de savoir‑faire et la conviction que le Siècle des Lumières se lit aussi dans les gestes de la vie quotidienne.

Le matin - lever, toilette et maisonnée

La chambre à coucher devient scène première: lit, linge, instruments et rituels s’y déploient avec minutie.

L'éveil d'une demeure aristocratique sous les Lumières La journée commence dans la chambre à coucher. Un lit à la duchesse, placé perpendiculairement au mur, occupe l'espace central.

Baldaquin et pentes de tissu apportent chaleur et intimité au dormeur. Vers sept heures, les maîtres s'éveillent, servis par des domestiques debout depuis quatre heures.

On fait d'abord ses dévotions, puis on se sustente d'un bouillon de viande et de légumes dans une écuelle à oreilles en porcelaine posée sur son plateau. 550 Pièces issues des collections du musée réunies dans l'exposition La toilette s'effectue souvent devant un cercle restreint d'amis ou de fournisseurs.

Aiguière et bassin, boîtes à savon et à éponge, œillère et bidet forment l'attirail courant. Chaise percée, bourdaloue et pot de chambre complètent l'hygiène intime.

Perruques de cheveux naturels poudrées, parfums en flacons ornés, fards et mouches composent un apprêt indispensable pour paraître aux yeux du monde. Louis-Léopold Boilly, La Famille Gohin, 1787, huile sur toile

Questions fréquentes

Quelles sont les dates de l’exposition?

« Une journée au XVIIIe siècle » se tient du 18 février 2026 au 5 juillet 2026 au Musée des Arts décoratifs.

Quels sont les horaires et y a‑t‑il des nocturnes?

Le musée indique une ouverture du mardi au dimanche de 11h à 18h, avec une nocturne le jeudi jusqu’à 21h; le musée est fermé le lundi. Certains espaces peuvent être partiellement fermés lors des nocturnes.

Où se déroule l’exposition et comment y accéder?

Au Musée des Arts décoratifs, 107 rue de Rivoli, 75001 Paris. Stations de métro proches: Palais‑Royal, Musée du Louvre (lignes 1 et 7) et Tuileries (ligne 1).

Que prévoir pour la visite et combien de temps y consacrer?

Le parcours réunit plus de 550 pièces et une scénographie sonore et olfactive: prévoir environ une à deux heures pour lire les ambiances et s’attarder sur les pièces‑phares.

Après‑dîner, musique et veillée - ce que la visite laisse

Les dernières salles transforment l’exposition en soirée: musique, jeux et conversation occupent l’espace comme des actes civils.

Entre savoir, intimité et art de la table à la française L'après-dîner mène à la bibliothèque. Le gentilhomme s'y consacre aux sciences, à la philosophie ou à sa curiosité pour la Chine et le Japon.

Bureau ou secrétaire accueille la correspondance et la gestion des domaines. Robe de chambre en soieries colorées, bonnet d'intérieur et mules brodées autorisent une tenue relâchée.

Le boudoir de Madame en forme le pendant: on y lit dans une ottomane, on écrit sur un bonheur-du-jour, on confectionne de menus ouvrages en perles tissées au moyen de navettes précieuses. La salle à manger reçoit le dîner entre quatorze et seize heures.

La table se dresse autour d'un surtout en verre filé destiné à stimuler la conversation. Le service dit «à la française» présente tous les plats garnis simultanément.

Fontaine murale, consoles-dessertes et rafraîchissoirs meublent la pièce. La collation suit: chocolat, thé ou café, produits de luxe importés de régions lointaines, se versent dans des pièces d'orfèvrerie et de porcelaine conçues à cet effet.

Au XVIIIe siècle, le chocolat se déguste chaud dans des tasses spécifiques appelées «trembleuses», dotées d'une soucoupe à rebord pour éviter les renversements. Jean-Baptiste-Marie Pierre (1713, 1789), La Mauvaise Nouvelle, XVIIIe siècle, huile sur toile

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