L’exposition
Une traversée de la collection de la Fondation pensée pour un lieu transformé.
« Exposition Générale » est l’exposition inaugurale des nouveaux espaces de la Fondation Cartier, présentée du 25 octobre 2025 au 23 août 2026 au 2 place du Palais-Royal. Près de six cents œuvres, extraites d’une collection constituée depuis 1984, composent un panorama qui raconte quarante ans de rencontres et d’explorations artistiques.
Le titre réactive la mémoire du bâtiment: élevé en 1855, il fut Grand Hôtel du Louvre, puis grands magasins, enfin le Louvre des Antiquaires. Cette histoire de commerce et de mise en scène des objets nourrit la lecture du parcours et installe d’emblée une tension entre vitrine et cabinet.
Les commissaires Grazia Quaroni et Béatrice Grenier ont retenu une écriture muséale à la fois généreuse et retenue: la sélection ne vise ni rétrospective exhaustive ni musée-cabinet, mais une combinatoire de constellations où chaque pièce irrigue les suivantes.
Pourquoi y aller ?
Quatre raisons nettes d’aller voir Exposition Générale.
Un bâtiment qui change de vie: du Grand Hôtel du Louvre à Jean Nouvel
Le lieu se joue et se montre: Jean Nouvel et Formafantasma font du bâtiment un dispositif actif.
Du Grand Hôtel du Louvre à la métamorphose signée Jean Nouvel Le titre vient du lieu. Élevé au moment de la première Exposition universelle de Paris, en 1855, le bâtiment fut d’abord le Grand Hôtel du Louvre, avant de devenir les Grands Magasins du Louvre, puis le Louvre des Antiquaires.
Du grand magasin à la galerie d’antiquaires, on y a longtemps présenté objets et marchandises lors de grandes « Expositions Générales », des rendez-vous où le public venait flâner comme dans une exposition. La Fondation Cartier reprend ce nom, et cette mémoire d’un lieu fait pour montrer, pour son exposition inaugurale, « Exposition Générale ».
Édifié en 1855 pour la première Exposition universelle de Paris, l’immeuble haussmannien fait aujourd’hui face au Louvre, place du Palais-Royal. Pour réinventer l’endroit, la fondation a de nouveau fait appel à Jean Nouvel.
L’architecte, à qui l’on doit le musée du quai Branly et la Philharmonie de Paris, avait déjà signé, en 1994, le précédent bâtiment de la fondation, un cube de verre du boulevard Raspail. Trois décennies plus tard, il transforme l’immeuble haussmannien du Palais-Royal en un espace mobile: cinq plateformes se déplacent pour modifier les volumes et la lumière, tandis que de grandes baies vitrées ouvrent l’exposition sur la rue.
La mise en espace, confiée au studio de design italien Formafantasma, rend ce mécanisme visible: des voiles de tissu tendus sur des profilés d’aluminium, équipés de leur propre éclairage, structurent le parcours et portent la signalétique.
Editor's note
Exposition Générale réussit le pari rare d’être à la fois manifeste architectural et promenade curatoriale.
On en sort moins renseigné que transformé: la collection se révèle par ses frottements, la scénographie par ses respirations, et le visiteur retrouve le plaisir d’une découverte qui se fait pas à pas.
Quatre familles, quarante ans: la collection en lignes de force
La sélection structure la collection en quatre grands ensembles thématiques.
Une collection en quatre familles, de l’architecture à la fiction « Exposition Générale » a pour commissaires Grazia Quaroni et Béatrice Grenier, qui ont choisi les œuvres et dessiné le parcours. La sélection puise dans une collection de plus de quatre mille cinq cents œuvres, constituée au fil des expositions depuis 1984.
Elle s’organise en quatre grands ensembles. Le parcours s’ouvre sur « Machines d’architecture », tourné vers les architectures rêvées et critiques, maquettes, dessins et installations.
Suivent les mondes vivants et leur fragilité (« Être nature »), l’atelier des matières où l’art se mêle à l’artisanat et au design (« Making Things »), puis les récits où se croisent sciences, technologies et fiction (« Un monde réel »). 4 500 œUvres réunies dans la Collection de la Fondation Cartier depuis 1984 Les œuvres se répondent au fil des plateaux, quels que soient leur format ou leur statut.
Dans « Machines d’architecture », Bodys Isek Kingelez imagine une ville du futur (Projet pour le Kinshasa du troisième millénaire, 1997); « Être nature » fait place à un arbre de Giuseppe Penone et à une forte présence d’artistes autochtones; « Making Things » réunit notamment le grand tissage de laine et de crin d’Olga de Amaral (1982). Photographies, maquettes, sculptures et installations s’y mêlent, signées par une centaine d’artistes venus du monde entier.
Olga de Amaral, Muro en rojos, 1982, laine et crin de cheval. Photo Présentée dans la section « Making Things », Muro en rojos est une tapisserie monumentale d’environ sept mètres de haut sur huit de large, appartenant à la série des Muros tejidos, les « murs tissés »: six panneaux y réunissent des milliers de bandelettes rectangulaires monochromes, de longueurs et d’épaisseurs variables, tissées puis cousues une à une sur un fond de coton.
Olga de Amaral y associe la laine au crin de cheval, fibre épaisse et rigide qui lui permet de changer d’échelle et d’atteindre une forme de monumentalité. La trame de rouges et d’ocres évoque les murs de briques des constructions colombiennes et la maison de l’artiste à Bogota, autant que des parterres de feuilles mortes.
Formée à l’académie de Cranbrook, dans le Michigan, dans le sillage du Bauhaus, l’artiste colombienne mêle principes modernistes et techniques du tissage andin traditionnel. L’œuvre figurait parmi les pièces phares de la première grande rétrospective européenne que la Fondation Cartier lui a consacrée en 2024, 2025.
Questions fréquentes
Quand et où se tient « Exposition Générale » ?
L’exposition se déroule du 25 octobre 2025 au 23 août 2026 à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, 2 place du Palais-Royal, 75001 Paris.
Quels sont les jours et horaires d’ouverture ?
La Fondation est fermée le lundi. Les horaires indiqués sont: mardi de 11h à 22h (nocturne) et du mercredi au dimanche de 11h à 20h. L’établissement est fermé le 1er mai.
Combien de temps prévoir pour la visite ?
Prévoyez au minimum 1h30 pour une visite complète: la déambulation dans les différents ensembles et les haltes monographiques demande un temps de regard et de pause.
L’accès et l’accessibilité ?
La Fondation est accessible aux personnes à mobilité réduite; des fauteuils roulants et cannes-sièges sont disponibles sur demande, sous réserve de disponibilité. Transports à proximité: métro lignes 1 et 7.
Des figures et la ville: expositions personnelles et prolongements
Des haltes monographiques ponctuent le parcours et donnent sa voix à la visite.
Quelques espaces sont entièrement dédiés à des artistes-phares, offrant des respirations intenses au sein du grand parcours collectif. Ces stations laissent place à l’expérience immédiate: film, lumière ou performance y imposent un tempo différent et recentrent l’attention sur un geste singulier.
Parmi ces présences, des propositions sonores, lumineuses ou filmiques créent des chambres d’écho où le visiteur peut s’attarder, se perdre ou revenir en arrière. Ces moments permettent au corps de la visite de changer de rythme et de revenir à une contemplation plus soutenue.
Au sortir de l’exposition, ce sont moins des œuvres isolées que des impressions qui restent: la façon dont la lumière a sculpté une matière, la surprise d’un accrochage, la résonance d’une station monographique. La visite s’inscrit comme une expérience de regard renouvelée.
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