Révéler le féminin. Mode et apparences au XVIIIᵉ siècle
Exposition

Révéler le féminin. Mode et apparences au XVIIIᵉ siècle

Au Musée Cognacq-Jay, portraits et costumes du XVIIIe siècle dialoguent en six salles du 25 mars au 20 septembre 2026 pour saisir la construction du féminin.

Musée Cognacq-Jay

8 Rue Elzevir, 75003, Paris

25 mars 2026 — 20 sept. 2026

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Fermé le lundi. Contrôles Vigipirate renforcés : ouverture des sacs à l'entrée.

L'exposition

Une collaboration entre le musée Cognacq-Jay et le Palais Galliera qui articule archives picturales et vestiges textiles.

« Révéler le féminin. Mode et apparences au XVIIIᵉ siècle » occupe six salles de l'hôtel Donon, du 25 mars au 20 septembre 2026.

Le parcours associe portraits, scènes galantes et vêtements d'époque pour montrer la mode comme moteur d'identité au siècle des Lumières. Des satins brodés de la cour de Louis XV aux mousselines annonciatrices du style Empire, la scénographie articule matière et image, peinture et textile, dans un dialogue constant.

Le projet scientifique réunit Pascale Gorguet Ballesteros

Pourquoi y aller ?

Quatre bonnes raisons d'entrer dans l'hôtel Donon cet été.

Voir la matière en plein jour. La scénographie révèle la trame, le tissage et la lumière des étoffes; un satin peint face à son pendant réel change votre lecture du portrait.
Comprendre la mode comme langage. L'exposition déchiffre comment velours, broderies et mousselines signalent statut, goût et stratégies sociales au XVIIIe siècle.
Un parcours sensible de l'intime au cérémoniel. On traverse six salles qui vont du portrait d'apparat aux scènes familiales, pour mesurer l'évolution des formes et des affects.
Un dialogue entre institutions et époques. Conçue avec le Palais Galliera et installée dans l'hôtel Donon, l'exposition fait aussi résonner les pièces anciennes avec des échos contemporains de la haute couture.

Satins, portraits et prestige : la mode comme langage

Les premières salles mettent en regard le vêtement peint et le vêtement réel, pour décrypter un code social fait de textures et d'ornements. Robes, mantelets et pièces d'estomac deviennent des paroles prises par la peinture et par le tissu.

Quand le vêtement peint rivalisait avec le vêtement réel Les premières salles confrontent peintures et costumes d'époque. Robes à la française portées sur paniers, pièces d'estomac brodées, mantelets de dentelle : chaque vêtement exposé trouve son écho dans les toiles accrochées en regard.

Le parcours, conçu par Pascale Gorguet Ballesteros (Palais Galliera), Adeline Collange-Perugi (musée d'arts de Nantes) et Saskia Ooms (musée Cognacq-Jay), fait écho à « La mode du 18ᵉ siècle. Un héritage fantasmé » que signe la même commissaire au Palais Galliera.

Un portrait attribué à Nattier idéalise les traits de Madame Adélaïde, fille de Louis XV, tout en rendant avec précision le tombé d'un satin bleu.

La rivalité entre noblesse et bourgeoisie montante attise cet art du paraître, où le choix d'une étoffe ou d'un bijou affiche le rang autant qu'il construit une image de soi.

La salle suivante resserre le cadre sur trois portraitistes dont la technique magnifie les matières. Antoine Vestier, formé à la miniature, détaille la finesse d'un motif floral sur un taffetas.

Adélaïde Labille-Guiard, elle-même miniaturiste et fille d'un mercier parisien propriétaire de la boutique de mode « À la toilette », tire de cet univers marchand un goût sûr pour le costume. Élisabeth Vigée Le Brun, fille d'une coiffeuse et d'un pastelliste, s'est formée auprès d'un peintre éventailliste, une pratique qui a aiguisé son attention au détail ornemental.

Velours, fourrures, broderies d'or : chaque parure signale un statut et compose un portrait de soi.

Nota editorial

Aller voir « Révéler le féminin » c'est lire, au rythme des étoffes et des cadres, un récit du siècle des Lumières où la mode devient outil de connaissance: la visite se vit comme une leçon de tactilité et d'histoire des regards.

Mousselines blanches et bonheurs enfantins

À partir des années 1770, le portrait s'allège et met en scène une intimité nouvelle.

L'intimité en lumière : quand les dessous prennent le dessus À partir des années 1770, le registre du portrait bascule. Les philosophes célèbrent la félicité conjugale ; Jean-Jacques Rousseau publie Émile ou De l'éducation dès 1762, accordant à l'enfant une psychologie digne d'attention.

Une nouvelle veine de portraits accompagne ces idées : les femmes y apparaissent avec une beauté qui se veut plus simple, les enfants y sont joueurs et espiègles. Salles thématiques composent le parcours dans l'hôtel Donon Le vêtement traduit cette mutation.

Cotonnades et mousselines blanches, issues du linge de corps et de l'univers intime, envahissent les portraits. Les dessous prennent le dessus.

Focus sur l'œuvre Ce petit portrait représente Émilie Vernet à l'âge de neuf ans, en buste, le visage orienté aux trois quarts vers la gauche. La fillette porte une robe de satin blanc et un collier de perles, tandis qu'elle lève la main droite vers son visage dans un geste espiègle.

Fille du célèbre peintre de marines Joseph Vernet, Émilie fait partie d'une série de trois portraits d'enfants Vernet que Lépicié réalise entre 1769 et 1771, les deux familles logeant toutes deux au Louvre. La tendresse malicieuse du visage d'Émilie témoigne d'un renouveau du regard porté sur l'enfance, bien que, parée comme une adulte, son attitude conserve l'ambiguïté d'une « petite femme ».

Cette tension entre parure adulte et naturel enfantin illustre la transition que l'exposition met en lumière dans la salle 4, où l'influence des idées rousseauistes commence à transformer la représentation de l'enfance dans le portrait français. Peintures françaises et anglaises se répondent tout au long du parcours.

Les premières, nourries de l'idéal rousseauiste, privilégient le naturel et l'émotion familiale. Les secondes cultivent une élégance raffinée et décontractée.

À l'aube du XIXᵉ siècle, ces deux traditions s'influencent mutuellement et annoncent l'abandon progressif des paniers et des corps à baleines au profit de robes fluides à ceinture haute, prémices du futur style Empire.

Questions fréquentes

Quelles sont les dates et les horaires de l'exposition ?

L'exposition se tient du 25 mars au 20 septembre 2026 au musée Cognacq-Jay

Combien de temps prévoir pour la visite et que comprend le billet ?

Prévoyez environ 1 h à 1 h 30 pour parcourir les six salles et apprécier le dialogue entre peintures et vêtements. Le billet donne accès aux collections permanentes du XVIIIe siècle. Tarif adulte indiqué: 11 €.

Comment ses billets ?

La réservation en ligne est recommandée; les billets sont disponibles, selon les informations officielles,. L'achat sur place reste possible dans la limite des places disponibles.

Où se situe le musée et comment y accéder ?

Le musée Cognacq-Jay est installé au cœur du Marais, dans l'hôtel Donon. En transports en commun on peut rejoindre le site par le métro

La robe à la française, anatomie d'une silhouette

La robe à la française incarne l'architecture du paraître au XVIIIe siècle, entre ingénierie textile et mise en scène du corps.

Soie brochée, paniers et plis plats : anatomie d'une silhouette d'apparat Pièce maîtresse du vestiaire féminin au siècle des Lumières, la robe à la française incarne à elle seule l'alliance du luxe textile et de la silhouette sculptée.

Son architecture, plis plats dans le dos, paniers latéraux, corps à baleines, dessine une allure reconnaissable entre toutes, que les peintres de cour restituent avec une précision rivalisant avec le tissu réel.

La robe à la française en soie brochée exposée ici, datée des années 1770, 1775, illustre l'apogée de ce style sous le règne de Louis XVI.

Caractérisée par ses plis plats se prolongeant en traîne, elle se porte sur un corps à baleines et un panier qui élargit les hanches.

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