Patrimoines en résistance
Exposition

Patrimoines en résistance

À la Cité de l'architecture

Cité de l'architecture et du patrimoine

1 Pl. du Trocadéro et du 11 Novembre, 75116, Paris

20 mai 2026 — 03 janv. 2027

Ouvert tous les jours de 11h à 19h, sauf le mardi. Nocturne le jeudi jusqu’à 21h. Fermé les 1er janvier, 1er mai, 14 juillet et 25 décembre. Fermeture anticipée à 17h les 24 et 31 décembre.

L’exposition

Une enquête visuelle et documentaire sur la place du patrimoine dans les conflits contemporains.

« Patrimoines en résistance » se tient à la Cité de l’architecture et du patrimoine du 20 mai 2026 au 3 janvier 2027. Le parcours part d’un constat précis: au XXIe siècle, monuments et centres historiques figurent parmi les cibles privilégiées des conflits armés, de Bâmiyân à Odessa.

Conçu par Élisabeth Essaïan, Mathilde Leloup et Yves Ubelmann, le projet articule trois séquences - Effacer - Résister - Réparer - et met en regard terrains historiques et scènes contemporaines: Tombouctou, Palmyre, Mossoul, Gaza, Alep, Odessa. La scénographie compose cartes de l’atelier cartographique de Sciences Po, photographies, moulages, maquettes, films et restitutions 3D réalisées par Iconem.

Placée sous le patronage de la Commission nationale française pour l’UNESCO et réalisée en partenariat avec la Réunion des musées nationaux, Grand Palais

Pourquoi y aller ?

Quatre raisons convaincantes d’aller voir l’exposition dès son ouverture.

Un récit transdisciplinaire. Le parcours relie droit international, pratiques d’atelier et récits de terrain pour expliquer pourquoi la destruction du patrimoine est aujourd’hui un enjeu politique et juridique.
La matérialité des gestes. Moulages, caisses d’archives et fiches d’inventaire rendent tactile le travail de sauvegarde: on voit et l’on comprend ce que signifie protéger une pierre.
Accéder à des sites inaccessibles. Les restitutions et reconstitutions 3D d’Iconem restituent échelle et texture de centres historiques souvent hors d’accès, transformant la visite en expérience documentaire rare.
Un parcours construit comme une enquête. La progression Effacer - Résister - Réparer, soutenue par une cartographie claire, organise la visite en investigation à la fois analytique et sensible.

Effacer : du dynamitage à la propagande

La première séquence montre comment et pourquoi le patrimoine devient instrument de guerre.

Un siècle de destructions patrimoniales mises en regard À l’entrée, une carte de l’atelier de cartographie de Sciences Po aligne Tombouctou, Bâmiyân, Palmyre, Gaza et Odessa sur un même plan, et recense les procédés : dynamitage, bombardement, pillage, déplacement des populations. Le parcours bifurque ensuite vers 1914.

Des photographies de monuments ruinés voisinent avec des moulages de sculpture médiévale française, exécutés avant la guerre sur des édifices disparus. Des panneaux reprennent les formulations d’époque : « sculpture détruite par les barbares, IIIᵉ-Vᵉ siècle », « sculpture mutilée par les Allemands ».

Plus loin, L’Illustration et des cartes postales documentent les destructions de Louvain, les 25 et 26 août 1914, puis de Reims, le 19 septembre suivant, avec les dessins de Georges Scott et François Flameng.

Nota editorial

Patrimoines en résistance parvient à conjuguer rigueur documentaire et charge humaine: la visite éduque sans désamorcer l’émotion, et donne à mesurer que protéger la mémoire matérielle, c’est aussi protéger des histoires et des vies.

Une exposition qui invite à regarder et à comprendre.

Résister : protéger, documenter, transmettre

La salle médiane est consacrée aux gestes concrets de sauvegarde, du carnet de terrain à la numérisation par satellite.

Numérisation, inventaires et gestes ordinaires de sauvegarde Dans la salle suivante, les écrans d’Iconem tournent. La vieille ville de Mossoul, numérisée en Irak en 2018, se recompose pierre à pierre ; à côté défilent Palmyre, Bâmiyân, Tombouctou.

Autour, des maquettes basses reconstituent des abris provisoires, des caisses de mise à l’abri, des inventaires manuscrits. Des vidéos suivent des collectifs de citoyens et d’architectes qui mesurent, photographient, emballent.

La protection du patrimoine, longtemps confiée à l’UNESCO, à l’ALIPH ou à la Fondation Aga Khan, s’appuie désormais sur des ONG, des associations et des relais locaux. La Cité de l’architecture et du patrimoine montre ces gestes ordinaires dans leur matérialité.

Une vitrine rassemble carnets de terrain, fiches d’inventaire, disques durs. 2023 Le centre historique d’Odessa est inscrit en urgence sur la Liste du patrimoine mondial, et sur celle du patrimoine en péril, le 25 janvier.

L’exemple ukrainien est montré en parallèle de la Syrie : le centre historique d’Odessa, inscrit en urgence par l’UNESCO sur la Liste du patrimoine mondial en péril le 25 janvier 2023, dialogue avec Palmyre, filmée en 2016 après le retrait de l’État islamique. Deux guerres, deux décennies, une même mécanique documentaire.

Une autre vitrine présente des œuvres contemporaines en dialogue avec ces gestes documentaires. Sur le terrain des conflits, chaque geste du quotidien protège autant les corps que la mémoire des habitants.

Un billet à la Cité de l’architecture et du patrimoine donne accès à l’ensemble des collections permanentes. Guerchom Ndebo, Parc national des Virunga, RDC, décembre 2020.

Des hommes transportent du charbon au marché routier de Kulupango, à la lisière du parc national des Virunga, juste au nord de la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo. Sur l’image, des hommes traversent un marché rural en portant sur l’épaule de gros sacs noirs lourdement chargés ; au second plan, on devine d’autres porteurs et l’ombre d’arbres tropicaux.

La scène, captée en décembre 2020 par Guerchom Ndebo, photographe basé à Goma, se déroule à Kulupango, à la lisière du parc national des Virunga, le plus ancien parc national d’Afrique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce marché, principal fournisseur de Goma, voit transiter un charbon dont plus de la moitié provient, selon le WWF, de l’exploitation illégale du parc.

Réalisée dans le cadre du projet collaboratif Congo in Conversation dirigé par Finbarr O’Reilly, lauréat du 11ᵉ Prix Carmignac du photojournalisme, la photographie élargit la notion de patrimoine bien au-delà du bâti : à la Cité de l’architecture et du patrimoine, elle illustre une forme contemporaine d’effacement, l’écocide, qui frappe le patrimoine naturel et les communautés qui en dépendent.

Questions fréquentes

Quelles sont les dates et le lieu de l’exposition « Patrimoines en résistance » ?

L’exposition se tient du 20 mai 2026 au 3 janvier 2027 à la Cité de l’architecture et du patrimoine, 1 place du Trocadéro et du 11 Novembre, 75116 Paris.

Quels sont les jours et horaires d’ouverture de la Cité ?

La Cité est ouverte tous les jours sauf le mardi, de 11h à 19h, avec une nocturne le jeudi jusqu’à 21h. Fermetures exceptionnelles: 1er janvier, 1er mai, 14 juillet et 25 décembre.

Que présente le parcours de l’exposition ?

Le parcours articule trois séquences - Effacer - Résister - Réparer - et rassemble cartes

Quel est le prix du billet et que donne-t-il accès ?

Tarif adulte: 13 €. Le billet donne également accès aux collections permanentes; des billets coupe-file sont proposés en ligne, sur des plateformes partenaires, par exemple Tiqets.

Réparer : au-delà de la reconstruction

La dernière séquence interroge la réparation post-conflit, conception élargie qui mêle technique, mémoire et lien social.

Chantiers-écoles, mémoire des victimes et restitution numérique La dernière séquence de « Patrimoines en résistance » rassemble fragments, relevés et échantillons qui témoignent des chantiers en cours sur différents terrains. Des vidéos documentent des chantiers-écoles conduits avec les populations locales, où de futurs concepteurs apprennent à remonter un mur, à relever une voûte.

Au XXIᵉ siècle, le vocabulaire a changé : à côté de la reconstruction, on parle désormais de réparation post-conflit, une approche globale qui intervient souvent avant la fin des combats. Les documents rassemblés ne concernent pas seulement le bâti : ils portent aussi sur l’environnement naturel, sur les corps et les esprits, et notamment sur les femmes ayant subi des violences sexuelles.

Plus loin, des maquettes à échelle 1 présentent des dispositifs de mémoire : stèles basses, parcours au sol, plantations. L’objectif, énoncé en toutes lettres, est de reconstruire une société et de restaurer les conditions spatiales et temporelles d’une vie commune.

Dans la dernière salle, la numérisation de Mossoul dialogue avec des photographies de reconstruction à Tombouctou. Un chiffre flotte au-dessus de ces images : le 27 septembre 2016, la CPI condamnait à neuf ans de prison Ahmad al-Faqi al-Mahdi, premier accusé à y être jugé pour destruction de patrimoine.

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