Silla : l’Or et le Sacré
Exposition

Silla : l’Or et le Sacré

Au musée Guimet, 'Silla : l’Or et le Sacré' (20 mai-31 août 2026) révèle couronnes d'or, parures, verre méditerranéen et statues bouddhiques, prêts exceptionnels de Corée.

Musée national des arts asiatiques - Guimet

6 Pl. d'Iéna, 75116

20 mai 2026 — 31 août 2026

Ouvert tous les jours sauf le mardi, 10h - 18h Fermeture des caisses à 17h15 Dernier accès à 17h30 Évacuation générale des salles à 17h45

L’exposition

Une première européenne qui replacera Silla au cœur des histoires croisées de l’Eurasie.

La proposition du musée Guimet égrène près d’un millénaire d’histoire (57 av. J.

-C. - 935) à travers des objets intimes et puissants: couronnes, ceintures, parures de jade et statues religieuses.

Présentée du 20 mai au 31 août 2026, l’exposition est portée par un commissariat conjoint - Arnaud Bertrand pour le Guimet, Yim Jaewan et Yun Seogyeong pour la Corée - qui articule rigueur scientifique et lisibilité pour le visiteur. La singularité du projet tient à la nature des prêts: la majorité provient du musée national de Gyeongju et plusieurs pièces, classées trésors nationaux, voyagent hors de la Corée du Sud pour la première fois.

Cette rareté crée une attente particulière et modifie la manière dont ces objets dialoguent avec leur public, hors de leur sol d’origine. Le parti muséographique privilégie la rencontre entre matière et récit: l’or n’apparaît pas comme simple ostentation mais comme matrice d’autorité, véhicule d’échanges et indice de croyances en mutation.

Le parcours se lit comme une histoire en mouvements, où chaque vitrine articule politique, esthétique et sacré.

Pourquoi y aller ?

Quatre raisons précises qui justifient d’y aller maintenant.

Des trésors rares hors de Corée. Plusieurs pièces classées trésors nationaux quittent la Corée du Sud pour la première fois, occasion exceptionnelle de les voir en Europe.
Un récit matériel et politique. Le parcours relie les parures funéraires à la construction du pouvoir Silla, montrant comment l’or sert de langage politique.
Un réseau eurasien visible. Verre méditerranéen, grenats et techniques d’orfèvrerie révèlent les routes d’échanges qui irriguaient la péninsule.
Une scénographie qui sait écouter les objets. Le commissariat associe clarté pédagogique et moments de contemplation, pour lire la matière sans la dissoudre en explications excessives.

L’or des rois : Gyeongju et ses tombes-montagnes

Le parcours commence par la capitale Silla et ses tertres funéraires, véritables coffres du pouvoir.

Gyeongju, qui fut la capitale pendant près d’un millénaire, a livré des tombes-montagnes dont les fouilles offrent le matériau premier de l’exposition: couronnes d’or, ornements en jade et ceintures fastueuses. Devant ces pièces, le regard est d’abord attiré par la facture - le travail du feu et du métal, les découpes ajourées, la délicatesse des appliques - puis par ce que ces objets disent du pouvoir et de la représentation royale.

Le récit historique accompagne la mise en scène: à partir du IVe siècle, l’affirmation du clan Kim et le titre de maripgan - « grand chef » - structurent l’émergence d’une royauté centralisée. Les parures funéraires, déposées auprès des souverains, deviennent alors les archives visibles d’un ordre politique et rituel.

La scénographie ménage des instants de contemplation et des points d’explication qui aident le visiteur à lire la matérialité des pièces sans rompre la charge sensible. On sort de cette section avec l’impression que l’or a d’abord été un langage, un rythme visuel au service d’une autorité tangible.

Nota della redazione

On sort de cette exposition avec l’évidence qu’ici l’or n’est pas simple apparat: il est récit, réseau et religion.

L’équilibre entre rareté des prêts et lisibilité curatoriale fait de cette visite une expérience intellectuelle et sensible à la fois.

Routes et rencontres : du verre romain aux routes de l’Eurasie

Les vitrines tracent des trajets: le Silla s’insère dans un vaste réseau d’échanges, parfois inattendu.

Les objets exhumés parlent de déplacements: verre venu de la Méditerranée, éléments d’Asie centrale, techniques d’orfèvrerie partagées avec l’Asie de l’Est et au-delà. Une dague en or trouvée à Gyerim-ro, dont le fourreau mêle grenats et cloisonné, incarne ce cosmopolitisme matériel et rappelle que la péninsule n’était pas en marge des grandes circulations.

La section montre aussi des échanges internes, avec des pièces provenant des royaumes voisins - Goguryeo, Baekje, Gaya - ce qui nuance l’idée d’un Silla isolé. Ces circulations s’observent autant dans les matériaux que dans les formes, et la restitution muséographique met en regard les objets pour faire sentir ces correspondances.

En filigrane, le visiteur perçoit comment ces importations ont contribué à une esthétique locale: loin d’être de simples copies, les objets témoignent d’adaptations et d’appropriations qui forgent une identité visuelle spécifique au Silla.

Questions fréquentes

Quand et où se tient l’exposition « Silla : l’Or et le Sacré » ?

Du 20 mai au 31 août 2026, au Musée national des arts asiatiques - Guimet, Paris.

Combien coûte l’entrée et comment se procurer un billet ?

Le plein tarif adulte est de 15 €. Les billets sont proposés en ligne (plateformes partenaires) et à l’accueil du musée; l’accès à l’exposition inclut les collections permanentes.

Combien de temps prévoir pour la visite et est‑elle adaptée aux familles ?

Prévoyez environ 1h30 pour parcourir le parcours à un rythme attentif. L’exposition est conçue pour être accessible aux visiteurs non spécialistes et convient aux familles curieuses.

Que verra‑t‑on et qu’est‑ce qui rend l’exposition particulière ?

Le parcours réunit couronnes d’or, parures de jade, verre méditerranéen, dagues ornées et statues bouddhiques, issues majoritairement des tombes royales de Gyeongju; la présence de prêts exceptionnels, dont plusieurs trésors nationaux, en fait la singularité de l’événement.

Du trésor au temple : la mutation du sacré

Au fil des siècles, la fonction des objets précieux se déplace et le sacré change d’incarnation.

Quand le sacré change de forme Au fil des siècles, le sacré change de forme. Les grandes tombes se font plus discrètes, tandis que temples et pagodes se multiplient, et les rites évoluent.

Avant l’unification du royaume, on enterrait avec le défunt des serviteurs, parfois vivants ; cette coutume est interdite en 502, et de petites figurines d’argile prennent désormais la place des victimes dans les tombes. L’une d’elles, une statuette de femme du 7e siècle vêtue à la mode du Silla, esquisse un timide sourire.

En 527, le pouvoir adopte officiellement le bouddhisme, qui lui fournit un instrument d’unification et de légitimation. À mesure que le bouddhisme s’impose, l’or et les matières précieuses, hier réservés aux tombes, ornent désormais monastères, pagodes et reliquaires.

L’exposition réunit ainsi des bouddhas et des bodhisattva, ces êtres de compassion de la tradition bouddhique, dont un Maitreya, le bouddha de l’avenir, en bronze doré, assis en méditation. Au musée Guimet, le parcours se referme sur la grotte de Seokguram, sanctuaire bouddhique du 8e siècle classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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