L'exposition
Une rétrospective ambitieuse et rare en France, conçue avec deux institutions internationales.
Du 10 avril au 2 août 2026, le Musée d'Art Moderne de Paris présente «Lee Miller», la plus importante rétrospective française consacrée à la photographe depuis vingt ans. Organisée en partenariat avec la Tate Britain et l'Art Institute of Chicago, l'exposition réunit près de 250 tirages anciens et modernes, dont plusieurs inédits.
Le parcours, pensé en six parties, retrace les étapes d'une carrière protéiforme : des tout premiers portraits et années de mannequinat à New York aux expérimentations parisiennes et égyptiennes, du travail de mode à Londres pendant le Blitz aux reportages de la libération, jusqu'à la vie retirée au Farley Farm House.
À travers ces sections, l’exposition montre comment Lee Miller a su marier une exigence plastique héritée de l’avant‑garde et un engagement documentaire face aux urgences de l’histoire.
Pourquoi y aller
Quatre bonnes raisons de sa visite à cette rétrospective habitée et riche.
Des débuts à New York aux années parisiennes et égyptiennes
Le parcours explore la genèse d’un regard façonné entre studio et expérimentation.
On découvre d’abord les années 1920, 1930, où Lee Miller s’impose comme l’un des mannequins les plus en vue de New York, incarnation de la femme moderne et émancipée. Ces premières images de portrait, signées par les grands photographes de l’époque, rendent palpable la manière dont elle intériorise les codes de la mode pour mieux les retourner.
Son séjour parisien, documenté entre 1929 et 1932, ouvre la voie à des expérimentations décisives. À Paris puis en Égypte, Miller se rapproche de l’avant‑garde surréaliste et travaille notamment avec Man Ray, explorant des procédés comme la solarisation.
Parmi les pièces marquantes évoquées dans l’exposition figure Portrait of Space, emblème de sa période égyptienne et d’une inventivité formelle qui traverse toute son œuvre.
Nota editorial
La rédaction recommande sans réserve cette rétrospective : Lee Miller fait basculer le regard entre élégance et vérité brute, chaque image porte une force intime et politique qui ne vous lâche pas. On sort de la salle ébloui par la finesse formelle et profondément touché par l'humanité des sujets - une expérience rare et nécessaire qui mérite pleinement le déplacement.
Londres pendant la guerre et le travail de correspondante
À Londres, Miller transforme la photographie de mode en une partition entre élégance et guerre.
La rencontre avec Roland Penrose en 1937 et le déclenchement de la guerre en 1939 font basculer la trajectoire de Miller vers Londres. Elle s’investit comme photographe pour le Vogue britannique, où son regard s’avère singulier : l’élégance des silhouettes coexiste avec les stigmates du Blitz.
Les séries publiées dans Vogue montrent comment Miller intègre les ruines et l’atmosphère du conflit à une esthétique de la mode, créant des images où la beauté et l’urgence historique se répondent. Ce chapitre met en lumière la capacité de la photographe à naviguer entre commande éditoriale et implication personnelle, sans renoncer à la précision formelle.
Questions fréquentes
Quand et où a lieu l’exposition Lee Miller ?
Du 10 avril au 2 août 2026 au Musée d'Art Moderne de Paris, 11 avenue du Président Wilson, 75116 Paris.
Quels sont les horaires d’ouverture et combien de temps prévoir pour la visite ?
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h30; fermé le lundi. Dernière entrée à 17h30 (21h les jeudis). Prévoyez environ 1h30 à 2h pour parcourir l’ensemble.
Quel est le prix du billet et comment se procurer des places ?
Le tarif plein indiqué est de 17 € (tarif adulte). Les billets sont disponibles.
L’exposition comporte‑t‑elle des images sensibles ?
Oui. Le parcours montre des photographies prises lors de la libération des camps (Dachau, Buchenwald) et d’autres reportages de guerre qui peuvent choquer certains visiteurs.
De Dachau à Farley Farm House : témoignage et vie postérieure
La rétrospective n’élude pas l’un des épisodes les plus puissants et difficiles du travail de Miller.
En avril 1945, aux côtés du photographe de Life David E. Scherman, Lee Miller se rend à Dachau et Buchenwald peu après la libération des camps.
Les photographies issues de ces déplacements, publiées dans l’article «Believe it» paru en juin 1945 dans Vogue, font partie des premières images à révéler au grand public l’ampleur des crimes nazis. Le parcours restitue la gravité de ces images tout en inscrivant ce témoignage dans la continuité d’une œuvre où l’exigence formelle côtoie l’impératif documentaire.
La dernière partie aborde ensuite la vie postérieure de Miller, notamment son installation au Farley Farm House dans le Sussex, lieu de refuge et d’activité artistique où elle poursuit une pratique plus intime.
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